Bonhomme Contrecœur

Contrecœur est en Montérégie à mi-chemin entre Sorel et Verchères
Contrecœur est en Montérégie à mi-chemin entre Sorel et Verchères1

Le Carnaval de Contrecœur se démarque dans les années soixante avec leur programmation remplie de vedettes. Cette petite ville d’à peine 3000 habitants mise sur son Carnaval avec des noms connus pour attirer les touristes. Les sources sont cependant peu nombreuses. On trouve quelques articles entre 1960 et 1968. Puis presque rien. Le Carnaval aurait disparu entre 1988 et 2018.

Le Bonhomme

Entre 1960 et 1964, on trouve trois bonhommes différents associés au Carnaval de Contrecœur.

Source: Société historique Pierre-de-Saurel
Source: Société historique Pierre-de-Saurel2

Le premier est un très étonnant Bonhomme… qui a plutôt l’air d’un singe. Par contre, il présente toutes les caractéristiques d’un faux. Une tuque, une ceinture fléchée, des pompons, une ressemblance avec le Bonhomme de Québec. Est-ce que c’était tout simplement une personne déguisée parmi les participants ? Un vrai Faux Bonhomme qui a mis une tête de singe quelques instants le temps des photos ? Un projet de bricolage de tête de faux Bonhomme mal viré ? Difficile de savoir surtout que la photo n’est pas datée.

Le premier Bonhomme Contrecœur confirmé est photographié pour la première fois pendant le Carnaval de 1960 avec la cour royale et nul autre que Michel Louvain. On le voit aussi en 1961. On mentionne Bonhomme en 1963, mais sans aucune photo.

Bonhomme avec Michel Louvain et une duchesse. Source: Société historique Pierre-de-Saurel
Bonhomme avec Michel Louvain et une duchesse. Source: Société historique Pierre-de-Saurel 3
Carnaval de Contrecœur, février 1961. De gauche à droite: Christine Jacques, Bonhomme, Roland Berthiaume, Marie-Jeanne Hamel, Guy Descheneaux, Éliane Chagnon, Normand Giard, Pierrette Deslauriers (qui sera d’ailleurs élue reine en 1962) et Marie-Michelle Bazinet. Source: Journal de Montréal
Carnaval de Contrecœur, février 1961. De gauche à droite: Christine Jacques, Bonhomme, Roland Berthiaume, Marie-Jeanne Hamel, Guy Descheneaux, Éliane Chagnon, Normand Giard, Pierrette Deslauriers (qui sera d’ailleurs élue reine en 1962) et Marie-Michelle Bazinet. Source: Journal de Montréal4

Bonhomme a une tuque unie qui pend sur le côté qui laisse paraître le tiers de son crâne. Il a aussi une ceinture fléchée et aucun pompon. Sa tête est très similaire à plusieurs bonhommes qui apparaîtront à travers les années, donc celui de Varennes.

Hochelaga
Hochelaga
Bonhomme Coaticook
Bonhomme Coaticook
Hawksbury 1964
Hawksbury 1964
Ottawa 1966
Ottawa 1966
Tracy 1977
Tracy 1977
Varennes
Varennes
Vidéoclip de «Pop goes the World» Men Without Hats
Vidéoclip de «Pop goes the World» Men Without Hats
Vidéoclip de «Where Do The Boys Go» Men Without Hats
Vidéoclip de «Where Do The Boys Go» Men Without Hats

En janvier 1964, Bonhomme est à la une du journal Le Richelieu pour parler du Carnaval qui aura lieu à la fin du mois. On mentionne qu’il sera de retour au Carnaval pour la sixième année consécutive. Cela confirme qu’un Bonhomme a été présent dès la première année du Carnaval en 1959.

Source: le Richelieu
Source: le Richelieu5

Mais ce n’est pas notre Bonhomme de 1960 qui apparaît dans le journal quelques semaines plus tard, mais un nouveau. Celui-ci a un visage tout à fait différent. Il ressemble plus à un homme qu’à un joyeux bonhomme de neige. La seule photo trouvée lui donne un couvre-chef particulier très gros et pâle. Il a toujours une ceinture fléchée et aucun pompon. Il semble aussi avoir des bottes foncées très hautes. C’est la dernière photo que j’ai pu trouver d’un Bonhomme à Contrecœur.

Source: le Richelieu
Source: le Richelieu6

Le Carnaval

Dans les quelques sources trouvées, on peut voir la mention récurrente de duchesses et de reines. Le principe est simple à Contrecœur, la duchesse qui vend le plus de billets est celle qui devient reine du Carnaval. Une année, on mentionne des commanditaires, mais pas les autres. En 1968, les duchesses ont des mentions de duchés avec des pierres et métaux précieux. Plusieurs prix sont aussi tirés avec la vente de billets des duchesses. En 1963, le grand prix est un montant de 550 $ et une machine enregistreuse à quatre pistes de marque Electrohome.

On trouve aussi une programmation typique pour le Carnaval de Contrecœur : des activités sportives, des randonnées en carrioles, des soupers aux fèves, des bals avec des orchestres et artistes. Mais ce qui marque à Contrecœur, c’est la présence de vedettes. Et pas juste une. Une programmation remplie sur plusieurs soirs de têtes d’affiche.

1960

Bien que le Carnaval ait débuté en 1959, ce n’est que l’année suivante que j’ai pu trouver des traces dans un journal. Trois duchesses sont en lice, Nicole Vanselmont (supportée par la Banque Canadienne Nationale), Monique Clément (supportée par le magasin V. Gosselin et Fils) et Agnès Giard (supportée par la maison Astor Furniture).

La reine fut décidée par celle qui vend le plus de billets. La vente de ceux-ci servait à ramasser des fonds pour les Loisirs de la ville pour « amuser et divertir la jeunesse ». Aucun détail sur la programmation ou les activités.

1961

Le Carnaval dura dix jours en 1961 et on y parle de plusieurs activités : hockey, artistes de renom, ballon-balai et course. On trouve encore trois duchesses : Lise Giard (parenté avec Agnès Giard de l’année précédente ?), Céline Gendon et Elienne (ou Elyane, et même Eliane, selon les sources) Chagnon.

Pour le Carnaval, il y a une randonnée en carrioles, une danse avec orchestre et un souper canadien avec danse, orchestre et artistes invités. Au cours de cette même soirée, on élira la reine.

C’est Elyane Chagnon qui devint reine, couronnée par le député de Verchères, Guy Lechasseur. Elle remporta la 1re place avec 972 points, soit 25 de plus que Céline Gendron. On n’explique pas ce que veulent dire ces points ou si c’est plutôt le nombre de billets vendus. Après sa proclamation, la nouvelle reine fut mise en vedette dans un luxueux défilé royal. Le Carnaval fini au Mardi-gras avec une grande mascarade.

1963

Pas de traces pour 1962. L’édition 1963 a eu lieu entre le 17 et le 26 février. Lors de cette dernière soirée, « tous regrettaient de départ subit du sympathique Bonhomme ».

Source: le Richelieu
Source: le Richelieu9

Trois duchesses sont en lice, Vivianne Gatineau, Denise Moses et Danielle Boily. Plus de deux mille billets furent vendus cette année-là. Vivianne Gatineau devint reine.

1964

Le Carnaval de 1964 fut préalablement annoncé du 26 janvier au 11 février. Puis, deux semaines plus tard, on parle du 8 (ou même 9) au 23 février.

Encore une fois, il y a une solide liste d’invités avec des artistes réputés de music-hall et des soirées de théâtre.

Source: le Richelieu
Source: le Richelieu10

Aimé Major, Michel Louvain, Lucien Hétu, Michel Dary, Mimi Hétu, Claudette Vandal, Les Houops, Yvon Descheneaux, Bruce Huard, Le Trio Roger Gravel, l’équipe du Capitaine Bonhomme, Michel Noël, Tony Massarelli, J. James and his Invictas, de nombreuses découvertes de Yoland Guérard, dont Shirley Théroux, Daniel Guérard, André Jobin, P. Gill, Cécile Dubé, Laurence Lepage, la troupe du Rideau Vert mettant en scène Françoise Faucher, Denise Pelletier, François Cartier, Pierre Dudan et une foule d’autres personnalités du monde artistique sont dans la programmation.

Source: Le Richelieu
Source: Le Richelieu11

On trouve trois duchesses, Marguerite Bourgeois, Lisette Mandeville et Louise Quintal. La reine de l’année précédente, Vivianne Gatineau, a fait la proclamation officielle lors de la première journée du Carnaval.

La première journée du Carnaval s’ouvrit avec un voyage organisé à Québec. Puis le dimanche, eut lieu la parade d’ouverture avec les majorettes Alouettes du grand Sorel et un match de hockey. En soirée, la reine de l’année précédente a tenu son bal.

On trouve aussi une mascarade, du ballon-balai, une grande « barn dance », un souper aux « beans » suivi du bal des duchesses. Le samedi 22 février, on élit et couronne « Miss Caraval 64 ».

1966

Aucun détail pour 1965. Mais pour 1966, la 8e édition du Carnaval dura dix jours, soit du 12 au 22 février. Il y avait deux duchesses, Colette Desrosiers et Micheline Lacroix.

La programmation était encore une fois très complète avec des activités en simultané : du hockey, du ballon-balai, une projection de film et un bal des reines de l’année précédente avec une artiste invitée que tout le monde connaît, nul autre que Jenny Rock, artiste de la télévision et de la Radio. Le dimanche eut lieu une parade dans les rues avec Bonhomme. Le soir même eut lieu le bal des duchesses « avec l’orchestre de Geo Ouellette et son orgue et un invité de la comédie “I’Oncle Thimothée” l’ex-Pére Zédéon ». En même temps, dans un autre endroit, les jeunes avaient « une soirée yé-yé avec un orchestre dans le vent « Les Mercenaires » et des artistes invités, dont Richard Drouin, jeune chanteur dans le vent, et un groupe du disque et de la radio, Monique Jetté et ses copains ainsi que deux jolies demoiselles GO GO.

Une nouvelle activité pour cette édition, une dégustation de vins et fromages avec « avec une ambiance française et un orchestre formidable, les “Java Bleue”, genre musette ».

Le Carnaval se termine avec une mascarade du Mardi gras sous la musique du « grand orchestre de Frank et la fameuse vedette de la télévision, Ginette Sage. »

1968

Encore une fois, pas de sources trouvées pour 1967. En 1968, le Carnaval eut lieu du 17 au 27 février.

Source: Le nouvelliste
Source: Le nouvelliste14

On trouve cinq duchesses, Pauline Lajeunesse, duchesse du diamant ; Nicole Bertrand, duchesse de l’or ; Micheline Auclair, duchesse de l’émeraude ; Raymonde Berthiaume, duchesse du rubis, et Huguette Courchesne, duchesse de l’argent. Le Carnaval commence avec l’arrivée de Bonhomme, de la reine de l’année précédente, suivi d’un grand défilé avec majorettes, gardes paroissiales et chars allégoriques.

Il y a aussi un Bal avec un artiste invité, Michel Coma. En plus ont lieu un souper aux fèves, une promenade de ski-doo, le bal des duchesses, des eux de dames, du billard, du tennis sur table, du judo, une « barn dance » et une soirée jeunesse. La reine Nicole Bertrand fut couronnée le dimanche lors d’un bal. Puis, le lundi soir, a eu lieu un gala artistique local avec 15 vedettes. Et finalement, pour la dernière soirée, ce fut une grande mascarade du Mardi gras.

1972

Aucune source ne fut trouvée pour 1969, 1970 et 1971. En 1972, le Carnaval dura trois semaines, soit du 19 février au 4 mars. Pour la dernière soirée, la reine fut couronnée entre trois duchesses : Linda Boutin, Suzie Handfield et Monique Lacombe.

Source: Le nouvelliste
Source: Le nouvelliste15

En plus de nombreuses activités sportives, on trouve une soirée bavaroise, un grand « surprise party » organisé dans les rues de la ville en après-midi et le bal de la reine de l’année précédente, la majesté Gisèle.

1988

Entre 1973 et 1988, je n’ai rien trouvé sur le Carnaval. En 1988, c’est aussi la dernière mention du Carnaval, le tout sans grand détail.

Source: La Presse
Source: La Presse16

Aujourd’hui

Depuis au moins 2018, la ville de Contrecœur a une journée de célébrations hivernale appelée les Plaisirs d’Hiver. On y trouve des activités similaires à celle d’un Carnaval : Tours de calèche, glissades, patinoires. Aucune mascotte, sauf la visite d’une de la Pat Patrouille de temps à autre.

Conclusion

Il est certain qu’il me manque des informations sur le Carnaval de Contrecœur, mais c’est ce que j’ai pu trouver dans les sources disponibles en ligne. Cependant, avec le peu que j’ai pu trouver, j’ai pu voir un dynamisme incroyable pour ce Carnaval d’une petite ville. Si jamais vous détenez plus d’informations, communiquez avec moi. Je suis convaincue que les gens en parlaient beaucoup dans les villages et villes environnantes.

Sources

  1. Google Maps 

  2. Société historique Pierre-de-Saurel, SHPS, P326, S5, SS9, SSS1, D3 

  3. Société historique Pierre-de-Saurel SHPS, P326, S5, SS9, SSS2. 1960] 

  4. Ferland, Catherine (5 février 2023) Redécouvrez en images la longue tradition des carnavals d’hiver au Québec, Journal de Montréal

  5. Le Richelieu, 13 février 1964 page 26 

  6. Le Richelieu, 9 janvier 1964, page 20 

  7. La Presse, 10 février 1961, page 13 

  8. La Presse, 17 février 1961, page 38 

  9. Le Richelieu, 7 mars 1963, page 34 

  10. Le Richelieu, 6 février 1964, page 27 

  11. Le Richelieu, 13 février 1964 page 26 

  12. Le Richelieu, 27 janvier 1966, page 28 

  13. Le Richelieu, 27 janvier 1966, page 28 

  14. Le Nouvelliste, 18 mars 1968, page 5 

  15. Le Nouvelliste, 7 février 1972, page 6 

  16. La Presse, 19 janvier 1988 page 6 


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